Origine du mouvement
Constat
Nous vivons dans un monde en constante mutation et tous les changements se font aujourd'hui à vitesse grand V. Le monde change, la société change et notre Eglise vaudoise n'échappe pas à ces bouleversements. L'Eglise d'aujourd'hui n'est plus celle de la fusion d'il y a quarante ans, pas plus qu'elle n'est celle des années nonante, avec comme corollaire pour les ministres que leur travail n'est plus le même qu'il y a vingt ou trente ans. Cette remarque étant aussi valable pour les laïcs qui doivent également s'adapter car leurs fonctions semblent se complexifier et se professionnaliser.
Mais dans tous ces bouleversements, l'Eglise doit constamment se trouver une place nouvelle pour répondre aux attentes des gens, qu'ils soient fidèles paroissiens ou plus en marge de l'Eglise. Car le besoin en spiritualité ne tarit pas. Aussi, sous faute de disparaître, notre Eglise est condamnée à s'adapter. Des choix fondamentaux en découlent. Des priorités doivent être dessinées, la théologie des ministères retravaillée, pour ne citer que deux dossiers synodaux.
Un travail dans l'urgence...
Celles et ceux d'entre nous qui sont au Synode savent pertinemment que les débats qui s'y sont déroulés ces dernières années ont connu des blocages de plus en plus fréquents, douloureux même et guère positifs en termes d'image. Trop souvent, que ce soit intentionnel ou en raison de l'urgence dans laquelle le Synode est amené à travailler, cette instance parlementaire se borne à être une caisse d'enregistrement, validant les décisions d'un Conseil synodal lui aussi contraint de travailler dans l'urgence. La précipitation n'est jamais une bonne chose. Cela devient inquiétant lorsque les règles du jeu que nous nous sommes nous-mêmes données sont sinon bafouées du moins contournées. Il est dès lors important, urgent même, qu'une plus grande attention soit portée aux processus décisionnels de notre Eglise et que soit réaffirmée et complètement vécue la dimension presbytéro-synodale de notre Institution.
Par ailleurs, notre Synode ne connaît pas de partis. Les préparations se passent en région(s), selon des divisions géographiques et non par ralliement à des visions communes, des avis partagés.
La gageure : changer les choses de manière constructive
Que faire pour changer les choses ? Comment être constructifs dans un tel contexte. Comment contribuer à injecter de l'intelligence dans les débats. Comment porter main forte à cette Eglise que nous aimons, sans céder aux sirènes du découragement ?
Ces questions, hélas pas forcément nouvelles, habitent de nombreuses personnes de l'Eglise évangélique du canton de Vaud et elles ont été si taraudantes pour certains qu'ils ont commencé par envoyer une lettre dans leur entourage, présentant ces quelques aspects. Cela a débouché sur une première rencontre en octobre 2005, à Lonay. Les quelque dix personnes présentes ont d'abord dit leur motivation, mais aussi leurs craintes ou leurs souffrances, puis se sont acheminées, à la suite d'un travail plus concret, vers une vision partagée de ce petit groupe encore informel. Il y a eu ensuite une séance d'approfondissement, puis un travail plus précis à partir du document préparé par le Conseil synodal pour la consultation sur les Priorités.
Catalyse au service de l'Eglise
Tout au long de ces quelques mois, c'est la volonté de service qui a prévalu, le désir d'être constructif. Mais il fallait s'organiser et baptiser ce mouvement. Le nom Catalyse s'est petit à petit imposé. Si le terme s'utilise habituellement en chimie ou en physique, il décrit bien l'esprit dans lequel on entend s'investir. La catalyse est "une action par laquelle une substance modifie la vitesse d'une réaction chimique, sans apparaître dans le bilan réactionnel". La métaphore est belle. C'est prendre part à un processus pour faire évoluer quelque chose, c'est vraiment être actif de l'intérieur et c'est en ce sens que l'on peut parler de mouvement pour l'Eglise.
Mouvement pour l'Eglise, non contre le Conseil synodal soit dit en le soulignant. Et dans la catalyse, la substance active n'apparaît pas dans le bilan réactionnel. Celles et ceux qui s'engagent dans Catalyse ne le font pas pour avoir leur nom gravé quelque part, mais bien pour que l'Eglise toute entière en bénéficie. C'est ce que rappelle la charte.
Cet historique constituait l'introduction de la première séance tout public de Catalyse organisée le 5 avril 2006 à Crêt-Bérard.
Les initiateurs de Catalyse, printemps 2006
Sylvie Arnaud, Daniel Fatzer, Jean-François Habermacher, Jacques Hanhart, André Joly, Jean-Frédéric Leuenberger, Xavier Paillard, Jean-François Ramelet, Jean-Michel Sordet, Philippe Vallotton.